Réformes des Retraites !

par Bernard Maurel alias Aimé Z le 14 Septembre 2019

 

Bien que j’ai pris la décision de ne plus m’exprimer ni par écrit, ni verbalement, le sujet est trop présent et brûlant pour que je ne prenne pas les devants en donnant mon opinion.

 

ATTENTION : je vais en décevoir beaucoup et en surprendre autant !

 

Cette réforme va dans le bon sens autant idéologiquement que pratiquement, mais ne va pas assez loin. Car elle n’est qu’une réponse et une réaction à un désir d’équilibrer des comptes budgétaires. Elle ne résout pas les problèmes culturels dus aux mutations sociales et sociétales en cours et à venir.

Que l’on veuille éliminer les régimes particuliers de retraite est une excellente chose. Ceux qui se mobilisent actuellement contre, mènent un combat d’arrière garde perdu d’avance car leurs métiers sont en voie d’extinction et par conséquence, leurs régimes de retraites avec.

Que l’on mette tous les citoyennes et citoyens français sur un même plan d’égalité concernant le calcul de leur retraite au travers d’un système par point, n’est qu’une logique relevant directement de notre devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Nous sommes tous soumis au même système d’évaluation et de contrôle au travers de l’impôt sur le revenu. Certes, nous n’avons pas tous les mêmes revenus, nous pouvons le déplorer, mais la « liberté » de gagner nos vies est respectée tout en nous assurant une « égalité » de traitement de contrôle devant nos responsabilités à notre participation sociale qu’est l’impôt sur le revenu.

Notre système de retraites était parfaitement adapté à une société industrielle au plein emploi, il ne répond plus à la réalité d’aujourd’hui de l’emploi intermittent, précaire, partiel, chaotique, changeant de notre nouvelle société générationnelle dans laquelle, personne ne peut prédire quels seront les emplois de demain, ni comment ils seront exercés, ni rémunérés. Il est même possible que certains exercent des activités honorables, respectables, bien que non reconnues, sans jamais être rémunérés ; un peu à la manière de la caste des « Intouchables » en Indes.

Alors comment pourront-ils faire valoir leurs droits à la retraite puisqu’ils n’apparaitront dans aucun régime de retraite ? La réforme proposée par point y répond que partiellement.

On ne peut parler correctement que de ce que l’on connait. J’ai pris ma retraite à 62 ans, en ayant travaillé dès l’âge de 11 ans et en ayant un parcours d’ascenseur social important puisque de simple fils de travailleur agricole salarié, je suis devenu cadre durant des années en assumant d’importantes responsabilités et actions sociales et politiques supranationales. Il n’empêche que notre société n’aime pas les gens qui réussissent qu’avec leurs propres moyens et talents, et je l’ai payé très cher durant 25 années qui m’ont obligé à travailler pratiquement comme les « Intouchables » et j’ai du disparaître des registres économiques y compris de ma demande de retraite. Ma situation n’a été autre que celle qui attend toutes les nouvelles générations aux parcours professionnels en zigzags. Donc, sans jamais remplir les conditions nécessaires pour obtenir une retraite au taux plein y compris par la réforme à points proposée. Résultat : dans deux années, les contribuables solvables vont devoir me payer une retraite dite « ASPA » (Aide sociale pour personnes âgées à ne pas confondre avec la Société de sauvegarde et de protection des personnes âgées). Ce qui implique que peut à peu c’est l’État qui va devoir prendre en charge les retraites de tous ces ressortissants. Partiellement d’abords, puis pratiquement totalement sauf pour une minorité qui auront suivi un cursus professionnels sans failles mais relevant bien souvent de rémunérations pour activités soumises aux prélèvements sur les impôts ; fonctionnaires ou élus. Si ce n’est à leur retraite, cela aura été durant leurs vies actives qu’ils auront bénéficié des aides financières de l’État. 

Voilà pourquoi, j’ai affirmé ci-dessus que cette réforme est trop technocratique et pas assez visionnaire. Elle ne répond pas aux réalités des sociétés futures car elle ne prend pas en compte que tôt ou tard, l’État se substituera effectivement aux assurances des caisses de retraites. Comme il le fait déjà avec « l’ASPA »… 

Il faut donc en plus du mode de prélèvement par point, changer radicalement l’assiette de calcul et de prélèvement des cotisations des retraites. L’État doit avoir le contrôle complet de l’évolution des carrières de tous ses administrés afin de prévenir le coût financier et social que va constituer l’augmentation progressive de « L’ASPA ». Pour certains d’entre nous, « L’ASPA » représentera 100% de leur retraite. Il faut s’adapter dès aujourd’hui aux mutations de demain. Ce n’est plus au travail de payer l’assurance retraite, mais à l’impôt sur le revenu. C’est uniquement la notion de « Revenus » qui doit guider tous les prélèvements sociaux. C’est désormais possible avec le prélèvement à la source. Peu importe qu’une personne gagne sa vie qu’avec des revenus ne relevant pas de la notion de travail régie par le code du travail, pourvu qu’elle s’acquitte de ses charges sociales obligatoires comme celle des futurs points-retraite. Ce n’est donc plus aux entreprises de se charger du suivi de ces charges sociales, ni de les déclarer, ni d’en assurer la perception et le payement. Ce n’est pas la fonction des entreprises. Ce fût et ça reste le cas des sociétés paternalistes qui ont conduit aux divers régimes de retraites actuels et dépassés, mais nous ne vivons plus dans une société paternaliste. Demandez aux Femmes, si elles souhaitent toujours vivre dans une société paternaliste !... Nos charges sociales doivent être individualisées tout en restant collectives.

Changer d’assiette de prélèvement des cotisations sociales, relève de la garantie de l’État d’assurer la cohésion sociale dans n’importe quel type de société actuelle ou future. Il se donnera les moyens indirects de contrôler ses propres services administratifs quant à leurs efficacités. J’en veux pour preuve mon propre cas et parcours professionnel ayant relevé de nombreux organismes sociaux. Au bout de trois années successives d’une situation sociale et économique catastrophique après un parcours glorieux d’ascenseur professionnel, si nous avions eu l’assiette de prélèvement des cotisations sociales soumises à l’impôt sur le revenu, les services fiscaux auraient pu s’apercevoir que les administrations d’insertions avaient failli dans mon cas comme dans beaucoup d’autres. Et nous n’en serions pas arrivés à la situation actuelle où l’État n’a pas budgété donc, anticipé son avenir financier. Il doit répondre dans l’urgence, en bouche-trous et n’assurant plus sa fonction de gestionnaire fiscal et social.

 

Voilà où je voulais en venir dans mes divers ouvrages et articles publiés et repris économiquement par tous ceux qui prétendent vouloir mon bien et « m’aider »…

 

Qu’enfin, la Force vous ouvrent les portes de la sagesse sociale, fiscale, préventive de nos réalités économiques actuelles et futures…

 

Bernard Maurel alias Aimé Z le 14 septembre 2019

 

 

Lien vers le pdf expliquant mes décisions définitives.